Nos coups de cœur

 

Ce qu'on ne vous a jamais dit sur la guerre d'Espagne
Christophe DOLBEAU
214 p. - 21 €

Nombreux sont encore les dupes et les niais qui tiennent la IIe République espagnole pour un paisible État de droit, gouverné par une gauche libérale, progressiste, bienveillante et démocratique, et la droite nationale pour un ramassis de réactionnaires obtus, bigots et haineux. Ressassé sans relâche depuis 70 ans par une armée de menteurs professionnels, ce cliché trompeur a la vie dure. Oubliés les incendies d’églises et de couvents, les confiscations de biens, les grèves permanentes, les mutineries, les émeutes, les pillages, les meurtres et les attentats ! Oubliée la cohorte de médiocres et de malfaisants, de terroristes, de tricoteuses et de maçons, qui s’empare du pouvoir et proclame à tous vents qu’elle veut faire au plus vite de l’Espagne une «démocratie populaire».
Légitime réflexe d’auto-défense de l’Espagne éternelle, le soulèvement national n’est pas sans soutien à l’étranger où les bonnes volontés se mobilisent en grand nombre. En France, la droite nationale fait activement campagne pour les insurgés et quelques centaines de militants vont même faire le coup de feu de l’autre côté des Pyrénées. D’autres pays, dont l’Irlande, dépêchent eux aussi des volontaires qui apportent une contribution symbolique à cette nouvelle Croisade. Cet engagement n’a rien d’infamant, bien au contraire, et il est plus que temps d’en parler : nous nous y employons également dans ce petit livre.
Il y a plus de 70 ans, l’Espagne, au prix d’une guerre terrible et de sacrifices immenses, s’arrachait aux griffes d’un gang de «cruels imbéciles», de «crétins criminels» et de « scélérats » (selon les termes mêmes de deux Pères de la République, Pérez de Ayala et le Dr Marañon). Ce sursaut est tout à son honneur, il est juste d’y rendre hommage et nous espérons y contribuer un tant soit peu par ce modeste ouvrage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire de l'Afrique du Sud des origines à nos jours
Bernard LUGAN
552 p. - 34,50 €

La longue durée montre que l'Afrique du Sud n'est pas LA « Nation arc-en-ciel » dans laquelle les déterminismes raciaux auraient disparu, mais l'assemblage artificiel de plusieurs peuples réunis par le colonisateur britannique à la suite de nombreuses guerres. Or, ces peuples, qu'il s'agisse des Zulu, des Xhosa, des Sotho, des Venda, des Pedi, des Ndebele, des Indiens ou des Afrikaners, ont des langues différentes, des références historico-culturelles étrangères les unes aux autres et leurs intérêts sont contradictoires.
Après 1910, les Blancs, Britanniques d'abord, Afrikaners ensuite, constituèrent le ciment de cette mosaïque raciale ; puis, à partir de 1994, ce rôle fut tenu par l'ANC de Nelson Mandela devenu parti-État. En 2008, ce mouvement a connu une scission à l'occasion de laquelle a ressurgi l'ethno-régionalisme, tendance lourde niée depuis 1994 par l'idéologie officielle.
Au mois de mai 2009, succédant à Thabo Mbeki, Jacob Zuma fut élu président de la République. Après 15 années de pouvoir xhosa, un leader populiste zulu arrivait aux affaires dans un contexte économique et social plus que morose. Loin de la vision idyllique présentée par les médias, la réalité sud-africaine est tragique : près de deux décennies après l'accession au pouvoir d'une « majorité noire », l'Afrique du Sud cesse en effet peu à peu d'être une excroissance de l'Europe à l'extrémité australe du continent africain pour devenir un État du « tiers-monde » avec, certes, un secteur encore ultraperformant, mais de plus en plus réduit, surnageant dans un océan de pénuries, de corruption, de misère sociale et de violence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour sur un itinéraire. Du Code Napoléon au siècle des Lumières
Xavier MARTIN
336 p. - 25 €

De Nature humaine et Révolution française à Mythologie du Code Napoléon, en passant par Voltaire méconnu, Régénérer l'espèce humaine et quelques autres titres, l'œuvre de Xavier Martin a sans tapage et peu à peu « fidélisé » un lectorat, sensible à la richesse documentaire des analyses, au méthodique rajeunissement des perspectives, et à la clarté de l'exposition.
Cette œuvre singulière, partie de la genèse du Code Napoléon, puis bientôt recentrée sur la Révolution et l'esprit des Lumières, n'est pas née du hasard. Elle a une histoire, mêlée au parcours universitaire de l'intéressé, et d'abord ponctuée d'une petite centaine d'articles « savants », dont certains traduits en diverses langues ; une histoire étonnante, et d'abord étonnée, c'est-à-dire jalonnée d'étonnements qui en constituent, depuis l'origine, l'énergie motrice.
Cédant aux instances de quelques collègues, et se prêtant au jeu des interrogations, l'intéressé a accepté de retracer cette « randonnée intellectuelle » inopinée, riche en imprévus et rebondissements. Son récit alerte et plein d'anecdotes dissipe au passage des malentendus, non sans mettre au jour quelques déficiences de l'« académisme » universitaire. À bien des égards, il surprendra ceux qui déjà connaissent l'œuvre, et poussera les autres à la découvrir.